François CHARDON,

François CHARDON,

curé de Saint Jean de Trézy

1803-1825.

(Conférence prononcée par Mme Suzanne VIDIANI (née le 13 Août 1906 décédée le 18 Février 1996) professeur agrégée d’histoire, lors du repas des anciens le 11 novembre 1985, dans la salle des fêtes de Saint Jean de Trézy, à la demande du Maire Monsieur Daniel Gien)

François CHARDON est né en 1756, c’est à dire sous le règle de Louis XV, alors que, pour encore un peu de temps, la France était le premier pays d’Europe, d’une Europe où partout en s’efforçait de parler français. Hors d’Europe, elle possédait le Canada et la plus grande partie de l’Inde.

François CHARDON est né dans le hameau qu’on appelait alors « la Montagne de Couches » et qu’on appelle aujourd’hui « les Foisons ». C’est à dire tout près d’ici. Quand j’étais enfant, par les sentiers à travers prés et vignes, c’était à une demi heure de marche de Saint Jean.

Les parents de François CHARDON étaient des vignerons aisés : ils disposaient de bonnes terres et de nombreux bras robustes : ceux du père, bien sûr, ceux de ses valets, pauvres paysans chichement payés, ceux de ses quatre fils dont François était le second, qu’on mettait tôt à l’ouvrage. N’oublions pas quatre filles, dont une seule, chose rare alors, mourut avant d’atteindre l’age du mariage. Donc une famille aisée, travailleuse, solide.

Et ambitieuse aussi ! Les paysans, alors, c’était presque les neuf dixièmes de la population. Au dessus de ce Tiers Etat il y avait les ordres privilégiés : noblesse et clergé. La noblesse on ne pouvait viser si haut. Mais le clergé, non pas le haut clergé, évêques et archevêques, mais le bas clergé, la famille CHARDON y comptait déjà deux membres, l’un Claude CHARDON, curé de Saint Bérain, et, mieux encore, un autre oncle, celui-ci chanoine à Autun !

Curé, ce n’est pas un mauvais métier : pas d’enfant à élever, mais des neveux aux petits soins, car on se passait les cures d’oncle à neveu, les servantes ne coûtaient pas cher, une bonne maison : la cure. Cette de Saint-Jean, derrière son jardin, avait une petite vigne, et dans ce jardin il y a toujours une « pêcherie » -mare d’eau vive où le curé mettait en réserve les poissons qu’on lui offrait. La messe, les vêpres, c’était moins fatigant que la culture, et les plus pauvres cultivateurs devaient payer à leur curé la dîme, c’est à dire le dixième de leur récole (il est vrai que le haut clergé en confisquait une partie pour lui). Camille PERRICAUDET, petit fils de mon oncle Lazare POHERON, possède une « livre de raison » où l’un de nos arrières grand-pères (peut être celui aux vingt sept enfants –avec deux épouses) a bien consigné la dîme qu’il payait et aussi la forte pension à Autun que lui coûtait les études de son fils Sébastien, futur curé un peu plus âgé que notre François CHARDON. Pour celui-ci, ses études et celles de ses frères, furent presque gratuite : l’oncle chanoine à Autun y pourvut.

Avant l’entrée des deux aînés au séminaire les études des fils CHARDON se déroulèrent dans ce beau bâtiment terminé peu auparavant par les Jésuites, dont vous avez sans doute admiré, au fond du Champ de Mars, la longue grille récemment redorée, aujourd’hui lycée d’Autun sous le nom inattendu autant que prestigieux de Lycée Bonaparte.

Quel sort a réuni sous ce même toit François CHARDON né chez nous en 1756 et Napoléon né en Corse en 1769 ?

Réponse : c’est le mauvais sort de la France et de Louis XV. La guerre de sept ans se termine par le malheureux traité de Paris ; L’Angleterre nous prend Canada et Inde. Frédéric II roi de Prusse s’est montré l’égal des plus grands militaires de tous les temps, et Louis XV a perdu tout son prestige.

Pour lui en redonner quelque peu, se ministres lui suggèrent deux mesures :

Première mesure : chasser de France les Jésuites, que détestent les Voltaire, Rousseau et autres philosophes qui dirigent l’opinion. Mais il faut les remplacer partout où ils enseignaient. C’est ainsi que le très estimable évêque d’Autun, Monseigneur de MARBEUF, à peine François CHARDON ordonné prêtre, fait de lui, à la rentrée scolaire de 1778, un professeur au collège d’Autun.

Deuxième mesure : acheter aux Gênois, qui n’en viennent pas à bout, cette île de CORSE, déjà peuplée d’indépendantistes. Ainsi fût fait. Mais en plus de l’argent envoyé au Gênois, des troupes furent envoyées dans l’île. Les corses eurent beau se sauver dans leurs montagnes –même cette jeune madame Laetitia, enceinte de Napoléon, qui s’enfuit à cheval –ils ne purent tenir tête. Le mari de cette madame Laetitia, le noble (les nobles corses ne portent pas la particule) Charles BONAPARTE, bel homme élégant, intelligent, instruit (il avait fait ses études de droit, et ô rareté dans l’île, il parlait français) ce Charles BONAPARTE, donc se dit qu’il était plus avantageux de se comporter, comme nous dirions, en collabo.

Le voici donc qui fait sa cour à Monseigneur de MARBEUF, non pas celui d’Autun, mais son oncle, que Louis XVI a nommé gouverneur de Corse.

Au bout de quelque temps, Charles BONAPARTE est doublement récompensé. Le MARBEUF de Corse l’envoie à Versailles comme représentant de la noblesse corse. Le MARBEUF d’Autun gratifie son fils aîné, Joseph, d’une bourse au collège d’Autun.

C’est ainsi que le 15 décembre 1778 Charles BONAPARTE s’embarque à Ajaccio avec quelques autres corses, dont Joseph bien entend, et Napoléon par dessus le marché.

Direction Versailles. Première étape Autun : ils y arrivent le 30 décembre 1778. Charles dépose au collège Joseph, qui a onze ans, et, tant qu’à faire, y laisse également Napoléon, qui a neuf ans et demi. Et lui même repart sur l’heure pour Versailles.

Les pauvrets s’entendent bien. C’est à dire que Joseph qui est intelligent et gentil, obéit toujours à Napoléon qui es très intelligent et très autoritaire. Je dis les pauvrets, car ils ne savent pas un mot de français. Monseigneur de MARBEUF désigne, pour leur apprendre cette langue, l’abbé François CHARDON.

Bien entendu, par la suite, on a demandé à l’abbé comment les choses d’étaient passées avec Napoléon. Et voici un peu ce qu’il écrivit : « il ne s’amusait avec personne et se promenait ordinairement seul, ayant pour ainsi dire l’air de calculer l’avenir…Il avait beaucoup de dispositions, comprenant et apprenant facilement. Quand je lui donnais une leçon, il fixait sur moi ses regards, bouche béante. Cherchais-je à récapituler ce que je venais de dire, il n’écoutait plus, et si je lui en faisais des reproches, il me répondait avec un air froid, on pouvait même dire impérieux : Monsieur, je le sais ».

A Versailles, de son coté, Charles BONAPARTE, non seulement salue Louis XVI en grande cérémonie mais s’en va dans les bureaux plaider sa cause de pauvre gentilhomme corse tout dévoué au Roi, mais surchargé d’enfants….et il finit par obtenir pour Napoléon ou bourse à l’école militaire de Brienne.

A peine la nouvelle parvenue à Autun, un autre bénéficiaire se charge d’y emmener, en même temps que son propre fis, ce petit BONAPARTE.

Départ le 21 avril 1779.

En moins que quatre mois, Napoléon a appris à faire librement la conversation et même de petits thèmes et de petites versions.

Toute sa vie, on lui a reproché de mal prononcer le français. Mais cet accent « corse » n’était-il pas aussi un peu « bourguignon » ?

Quant à Joseph, dont Napoléon fera plus tard un Roi, il demeure quatre ans au collège d’Autun. Il a le même age que Pierre, le plus jeune des fils CHARDON et ses vacances, il les passe à la « montagne de Couches », où il est cordialement reçu.

Imaginons-le accompagnant un membre de cette famille en visite chez l’oncle curé de Saint-Bérain, il a alors forcément traversé notre Saint-Jean.

Le frère aîné de François, Jean-Baptiste, est devenu curé. François, en 1781, devient vicaire d’abord à Villers La Faye, puis à Montcenis dont son frère était alors curé.

Le 13 octobre 1787, il fut pourvu de la cure de Saint-Bérain par suite de la démission que fit en sa faveur son oncle appelé à un canonicat de la collégiale de Couches.

C’est d’une bien belle cure que François CHARDON se voit pourvu à trente et un ans !
A cette époque, Saint-Bérain et Perreuil ne forment qu’une seule et même paroisse. L’église est cette belle basilique hélas à demi détruite aujourd’hui, qui se dresse dans le cimetière de Saint-Bérain. La cure se trouvait à Etevoux. Quand on se rend de Saint-Jean à Perreuil, on aperçoit un clocheton longtemps demeuré sans cloche. Il surmontait la chapelle de la cure, laquelle se trouvait à gauche d’une vaste cour. Une belle maison, qu’accompagnaient probablement quelques terres cultivables.

Octobre 1787 ! Et moins d’un an après, comme tous les curés de France, François CHARDON monte en chaire, d’ordre du Roi, pour annoncer au nom de celui-ci, qu’il vient de convoquer les Etats Généraux, lesquels le l’avaient pas été depuis Louis XIII en 1614 !

Louis XVI dont les caisses sont plus que vide, ne peut mieux faire que de demander à ses sujets de les remplir.

Hélas, l’évêque d’Autun que François CHARDON s’en va docilement élire n’est plus le digne MARBEUF, promu « primat des gaules », c’est à dire archevêque de LYON, mais TALLEYRAND qui commence ainsi une longue carrière politique, où il se rendra célèbre autant par son génie que par sa fourberie et sa malhonnêteté.

A peine élu, les énormes sommes manquantes, TALLEYRAND propose de les prendre à la plus énorme fortune de France : les biens du Clergé. Voici bien plus de mille ans que tous les bons chrétiens donnent ou lèguent à l’Eglise de quoi payer les prières qui les feront entrer vite et bien au paradis. Tout cela, les Etats Généraux, devenus Assemblée Constituante le confisque sous le nom de Bien Nationaux.

Donc double réussite : de l’argent pour le roi sans en prendre à personne, et moins de religion pour le peuple qui n’en a pas tant besoin, comme on pense en ce siècle « éclairé ».

Mais non, hélas, double échec.

Pour vendre, il faut des acheteurs. Or les nobles qui sont riches, émigrent, le clergé est habitué à recevoir et non à payer, et le Tiers Etat n’a pas assez d’argent et trop de religion.

Et pour ce qui est de diminuer la religion on demande à tous ces prêtres de prêter serment au Roi et à la Loi, mais pas au Pape. Les plus honnêtes s’y refusent, comme François CHARDON dont Madame GOUGLER (de Perreuil) a eu le mérite de retrouver le serment, dont voici la fin :

« Ce jourd’hui, le 27 février 1791, nous, Lazare Pocheron, maire, François DUHESNE, François MERLE, officiers municipaux (et quelques autres)…nous sommes rendus à la messe paroissiale de Saint-Bérain, à l’issue de laquelle mon dit sieur François CHARDON, fonctionnaire public, s’est présenté au devant de l’autelle principalle » et en celle des ficèles assemblés, a prêté serment avec réserve, savoir : il a juré de veiller avec foi sur les ficèles de la paroisse qui lui est confiée dans tout ce qui, au jugement de l’Eglise, sera déclaré conforme à la religion catholique, apostolique et romaine dans laquelle il veut vivre et mourir ».

Après ce serment, qui n’était pas du tout celui qui était exigé par la constitution, François CHARDON resta encore deux ans dans sa paroisse. Mais peu à peu, les difficultés devenant de plus en plus grandes, il se retira pour se cacher dans sa propre maison, aux Foisons. C’est là – et maintenant je recopie ligne pour ligne ce que le curé de Sain-Bérain, SEGAUD, a publié en 1905 – qu’un jour deux gendarmes de Couches se présentèrent dans sa maison pour se saisir de sa personne et l’emmener en prison. Monsieur CHARDON, d’après un récit digne de foi qui nous a été fait, reçut très aimablement ses deux visiteurs. « C’est entendu, je vais vous suivre, leur dit-il, mais auparavant (vieille coutume bourguignonne) nous allons trinquer ensemble ». Il descend à sa cave, et saisissant une feuillette à pleins bras il la monta pour la poser sur la table de la chambre où on l’attendait . Ce que voyant, nos deux gendarmes, après avoir bu à la santé du délinquant, partirent en promettant de revenir une autre fois. Ils avaient compris que, vu la force peu ordinaire de François CHARDON, ils auraient fort à faire !

François CHARDON comprit aussi après le départ de ses deux visiteurs, qu’il ne pourrait échapper bien longtemps à la recherche des « sans-culottes ». Il partit donc avec son frère Jean-Baptiste, sous un déguisement, pour la Savoie, puis celle-ci ayant été envahie pour les troupes révolutionnaires, pour Venise un an ou deux, pour Vérone a peu près le même temps. Enfin pour Rome.

Comme leurs frères d’exil, ils survivent comme ils peuvent : culte, charité, leçons. Quelle tristesse d’être si loin des leurs et de savoir qu’en France tout va si mal !

Quand tout à coup –ils sont à Rome, en 1796-1797, qu’apprennent-ils ? Une armée française traverse l’Italie du Nord, volant de victoire en victoire. A sa tête un général d’une jeunesse, d’un génie et d’un nom stupéfiant : Napoléon BONAPARTE. Et, qui plus est, le 31 juillet 1797, arrive à Rome l’ambassadeur de France envoyé auprès du Pape : Joseph BONAPARTE.

Quel excellent diplomate que Joseph ! Instruit, aimable, beau parleur, il se fait rétribuer somptueusement par ceux qui l’envoient, ce qui lui permet de s’installer et de recevoir de même. Et qu’il est compréhensif pour les solliciteurs !… Pour peu qu’ils sachent glisser dans le creux de sa main suffisamment…de diamants ! Les frères CHADON trouvèrent un secours dans le bienveillance de Joseph, qui se souvint, pour les obliger, de l’amitié de leur jeune frère Pierre.

Quand Joseph repart, dès janvier 1798, les temps sont encore terribles et troublés. Tantôt la paix religieuse semble se rétablir en France, tantôt recommencent les persécutions. Tout ambassadeur qu’il ait pu être, Joseph pourrait-il être un protecteur efficace quand Napoléon a été expédié en Egypte dès le moi de mai 1798 ? Et comment les CHARDON ignoreraient-ils encore, après six ans d’exil, qu’à coté des braves gendarmes qui les ont épargnés, Couches compte de terribles sans-culottes. En septembre 1792, quatre mois après la fuite des CHARDON, ces sans-culottes ont non seulement arrêté la voiture de quatre prêtres partant en exil avec des passeports en règle, mais bel et bien égorgé ces quatre malheureux.

Mais le 9 novembre 1799 Napoléon revient d’Egypte, le 9 novembre suivant il s’empare du pouvoir et se proclame Premier Consul. Un plébiscite l’approuve par plus de trois millions de voix contre moins de seize mille…

Un de ses premiers soins est de négocier avec le Pape un Concordat. « Une société sans religion, pense t-il, est comme un vaisseau sans boussole. Il n’y a que la religion qui donne à l’Etat un appui ferme et durable ».

En 1801, voici donc, après neuf ans d’exil, les CHARDON de retour. Jean-Baptiste se réinstalle dans sa paroisse de Montcenis, et François reparaît à Saint-Bérain. Il dispose à nouveau de la belle église…mais pas de la belle cure. Celle-ci a été vendue comme Bien National, et il a été entendu une fois pour toutes que les acquéreurs de Biens Nationaux ne seraient pas dépossédés.

C’est pourquoi le 15 avril 1803, François CHARDON quitta la paroisse de Saint-Bérain pour celle de Saint-Jean de Trézy : l’église est moins grande, la cure est plus modeste, mais les Foisons et sa famille tellement plus près !

En mai 1804 le Premier Consul devient Empereur.

Le 6 avril 1805, se rendant à Milan, Napoléon arrivait à Saint Léger sur Dheune dans la matinée. L’usine du Creusot y avait envoyé plusieurs canons d’un nouveau modèle, qui firent une décharge générale non prévue au programme, et qui effraya tant les chevaux du cortège que plusieurs attelages furent un moment en danger. Pendant qu’on réparait le désordre créé par cet incident, l’Empereur qui était descendu de voiture se fit présenter les notabilités. Parmi elles se trouvait le Curé de Saint Jean de Trézy , FRANCOIS CHARDON. A l’énoncé de son nom Napoléon (qui ne l’avait plus vu depuis vingt six ans) sembla rechercher dans ses souvenirs, puis s’étant rappelé, prit le prêtre à l’écart et eut avec lui un long entretien au cours duquel il lui offrit un évêché important : l’offre fut cependant déclinée. Le Curé accepta cependant d’être nommé Chapelain d’Honneur de sont Altesse Impériale le prince (puis Roi) Joseph –titre qui le laissa vivre en paix à Saint Jean de Trézy, mais avec une pension y afférente de 3000 livres de rente selon les uns, de 4000 voire de 6000 selon les autres, de toute manière somme énorme pour l’époque. Preuve authentique : on peut lire dans les registres paroissiaux de Saint-Bérain, au bas de l’acte de mariage de Mademoiselle de NEUVEZEL avec Monsieur JUILLET, à la date du 9 septembre 1805 cette signature : « CHARDON, prêtre desservant de Saint Jean de Trézy, Chapelain de son Altesse Impériale le prince Joseph ».

Les années passent. En 1811, la naissance du Roi de Rome semble promettre l’avenir à l’Empire. Mais en 1812 c’est la retraite de Russie et bientôt l’effondrement.

Napoléon abdique le 6 avril 1814. La France est envahie. Napoléon s’enfuit vers l’île d’Elbe. Joseph s’enfuit aussi. Le 19 avril il couche à Bourges puis il gagne Autun où il est accueilli par François CHARDON –geste qui ne mérite pas l’oubli.

François CHARDON mourut à Saint Jean le 30 octobre 1825 à l’âge de 69 ans. « Il fut selon ses dernières volontés (a écrit le curé Cordin) enterré dans le petit cimetière au milieu de ses paroissiens qu’il avait tant aimés ».

Mais où est donc sa tombe sur laquelle a dû être gravée, outre ses noms et prénom, le titre décerné aux anciens réfractaires : « Confesseur de la foi ».

(Suzanne Vidiani Foyer Saint François, 7 rue Dubois 21000 Dijon 80 66 53 90 Octobre 1985)

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